Joan Miro (1893-1983)


Saviez-vous que Miro a habité et travaillé à Montmartre ?

Miro a traversé près de sept décennies de création ; il est né le 20 avril 1893 à Barcelone, décédé en 1983 à Palma de Majorque ; c’est un artiste protéiforme : tour à tour peintre, graveur, sculpteur, céramiste, poète, mosaïste ; il a contribué également au théâtre (costumes et décors).
Pendant sa période surréaliste, il était déjà à Paris, mais dans quel quartier ? Eh bien Miro n’a pas fait les choses comme tout le monde: alors que Picasso a quitté Montmartre pour Montparnasse, Miro lui s’est installé tout près du cimetière Montmartre en 1926, après avoir quitté la rue Blomet dans le 15ème arrondissement.

Quels furent les voisins d’atelier de Joan Miro ?

Il y eut Max Ernst, Paul Eluard et Jean Arp, André Derain entre autres. Bien sûr comme au Bateau Lavoir, nombre d’artistes leur rendaient visite, comme René Magritte. Bonnard y avait encore son atelier. Il semble que Miro n’y ait passé qu’une année.
Alexander Calder, sculpteur, connu pour ses mobiles, ce poète de l’équilibre relate: « Un jour je me rendis à Montmartre pour voir Miró. […] L’une de ces œuvres était un grand morceau épais de carton gris, avec, collés dessus, une plume, un bouchon et une carte postale. Je restai très perplexe. Cela ne me semblait pas être de l’art. ».

D'ailleurs en 2018 au Grand Palais, on pouvait admirer des toiles de Miro de la période Montmartroise.

Séjour de Loan Miro à l'Atelier les Fusains à Montmartre


En 1926 -1927 il y eut la période qui correspond au séjour de Miro à l’atelier des Fusains à Montmartre : il aurait croisé Giacometti sur la butte… et Picasso bien sûr son compatriote, puisqu’ils étaient tous deux catalans dans l’âme.
Il rencontra un autre catalan qu’il rencontre justement durant ces années-là, un excentrique ? Vous l’aurez sans doute compris, il s'agit de Salvadore Dali.
Miro dont l’œuvre manifeste surréaliste « Le carnaval d’Arlequin » peint en 1924, tout droit issu de l’univers de Jérôme Bosch, fait dire à André Breton, le chef de file des surréalistes, « il peut passer pour le plus surréaliste de nous tous ». Donc n’allez pas chercher chez Miro une quelconque vue sur Montmartre.
Miro s’est surtout attaché à renouveler son vocabulaire pictural et à inventer des formes inédites qui lui sont propres. Son influence : la nature bien sûr et les poètes qui l’inspirent par dessus-tout : Aragon, Rimbaud, Antonin Arthaud, Raymond Queneau, Paul Eluard, son voisin aux Fusains…
Miro s’impose un emploi du temps strict, un environnement calme favorisant une grande concentration dont il a besoin pour peindre. Peut-être l’avait–il trouvé à Montmartre lorsque ses facétieux voisins Max Ernst et Eluard ne lui jouaient pas de mauvais tours.

Quels sont les artistes qui s’inscrivent dans la continuité de Miro ?


Jean-Michel Basquiat notamment avec ses graffitis qui rappellent les fonds « griffés » des toiles de Miro et ses dessins soit disant « enfantins », Kandinsky aussi. A paris pour ceux qui auraient manqué la grande rétrospective de Miro au Grand Palais, rendez-vous au Centre Georges Pompidou. Miro est également présent à la Galerie Montmartre, 11 Place du Tertre.


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